Dans l’univers des instruments anciens, certains modèles restent méconnus malgré leur richesse sonore. Le virginal et l’épinette, souvent éclipsés par le clavecin, méritent pourtant une attention particulière.
Ces instruments à cordes pincées ont marqué la musique des XVIe et XVIIe siècles. Leur redécouverte au XXe siècle a ravivé l’intérêt pour les interprétations historiquement informées.
Leur forme et leur mécanique diffèrent légèrement. Le virginal, rectangulaire, possède des cordes parallèles au clavier. L’épinette, elle, adopte une structure angulaire.
Cet article explore leur rôle dans la musique Renaissance et Baroque, tout en démystifiant leurs particularités techniques.
Introduction aux instruments à cordes pincées
Le son cristallin des cordes pincées a traversé les siècles, porté par des inventions remarquables. Ces instruments, souvent méconnus, ont pourtant façonné la musique européenne bien avant l’ère du piano.
La famille des clavecins : panorama historique
Leur origine remonte au psaltérion médiéval, un ancêtre sans clavier. Au XIVe siècle, l’ajout d’un mécanisme révolutionnaire change tout : le sautereau, équipé d’un plectre en métal, pince les cordes pour produire le son.
Cette innovation permet :
- Une plus grande précision musicale.
- Un répertoire plus complexe, adapté aux salons aristocratiques.
Pourquoi virginal et épinette méritent l’attention
Leur clavier et leur taille compacte les distinguent. Contrairement au clavecin, ils offrent :
- Une sonorité plus intime, idéale pour les petites salles.
- Une construction adaptée aux espaces réduits.
Leur déclin au XVIIIe siècle ne doit pas occulter leur rôle dans l’histoire de la musique.
Définitions : distinguer virginal, épinette et clavecin
Parmi les trésors méconnus de la musique ancienne, ces instruments partagent une mécanique commune mais divergent par leurs caractéristiques uniques. Leur design influence directement leur timbre et leur usage.
Le virginal : caractéristiques fondamentales
Reconnaissable à sa forme rectangulaire, il possède des cordes pincées au centre de la caisse. Cette disposition produit un son rond, idéal pour les pièces intimistes.
Ses particularités :
- Une table d’harmonie plus petite que le clavecin.
- Des décors souvent richement marquetés (école flamande).
L’épinette : entre angle et rectitude
Son nom vient de l’inclinaison des cordes. Selon les écoles :
- Française : 25° pour un timbre brillant.
- Italienne : 10° pour une sonorité plus douce.
La caisse angulaire optimise l’espace sans sacrifier la puissance.
Le clavecin comme référence commune
Seul à offrir un double clavier, il domine par sa polyphonie. Sa table d’harmonie étendue permet des nuances impossibles sur ses cousins.
« Le virginal chuchote, l’épinette murmure, le clavecin déclame. »
Origines et évolution conjointe
Dès le XIVe siècle, une révolution silencieuse transforme l’art musical européen. Les instruments à cordes pincées connaissent alors des innovations techniques décisives, marquant l’origine d’une tradition artisanale florissante.
Apparition au XIVe siècle
L’inventaire de Jean II le Bon (1360) révèle les premiers prototypes. Ces modèles primitifs utilisent encore du buis, matériau progressivement remplacé par le chêne pour la production des caisses de résonance.
Le manuscrit d’Arnault de Zwolle (1440) documente les mécanismes précoces. Ce traité technique montre comment les sautereaux ont évolué avant la première mention écrite en 1397.
Développement parallèle durant la Renaissance
Les guildes anversoises du XVIe siècle standardisent les méthodes de fabrication. Leur influence s’étend grâce à :
- L’exportation vers les cours italiennes
- L’adoption de décorations marquetées
Les facteurs vénitiens comme Baffo et Trasuntino apportent des améliorations décisives. Leurs créations fusionnent les traditions flamandes et méditerranéennes.
L’âge d’or baroque
Au XVIIe siècle, les mécanismes atteignent une perfection technique. Les instruments gagnent en complexité avec :
- Des claviers étendus
- Des tables d’harmonie renforcées
Cette période voit l’apogée de la production artisanale avant le déclin du XVIIIe siècle. Les ateliers développent alors des caractéristiques régionales distinctes.
Architecture comparée des instruments
L’architecture des instruments anciens révèle des choix techniques fascinants. Chaque détail, de la forme à la disposition des cordes, influence leur sonorité et leur usage.

La disposition des cordes : clé des différences
Les cordes sont placées différemment selon les modèles. Le virginal flamand utilise un clavier central, tandis que l’épinette italienne adopte un angle précis.
Cette variation impacte :
- La résonance des chevalets vibrants
- L’adaptation aux espaces réduits
Formes de caisses : rectangulaire vs angulaire
La caisse du virginal est rectangulaire, optimisant la projection sonore. L’épinette, avec sa forme polygonale, gagne en compacité.
Les facteurs français ont innové en ajoutant des courbes ergonomiques pour un meilleur confort de jeu.
Claviers et étendues
Le clavier central du virginal (muselaar) offre une tessiture réduite à 4 octaves. L’ottavino italien, plus petit, privilégie les aigus.
« La perfection réside dans l’équilibre entre taille et puissance. »
La facture des instruments à travers l’Europe
L’artisanat européen a façonné des instruments uniques, chacun portant l’empreinte de sa région. Les techniques de facture variaient selon les ressources locales et les traditions artistiques.
Traditions italiennes vs flamandes
Les écoles italiennes privilégiaient la légèreté. Les bois comme le peuplier étaient choisis pour leur résonance claire. Les ateliers vénitiens ajoutaient des incrustations de pierres semi-précieuses.
En Flandre, les facteurs utilisaient du chêne pour des caisses plus robustes. La marqueterie florale symbolisait souvent des thèmes religieux.
Matériaux et décoration
Le choix des matériaux influençait directement la sonorité. Le hêtre, dense, était réservé aux sautereaux pour sa résistance.
La décoration atteignait son apogée avec les vernis à la gomme-laque. Ces finitions protégeaient le bois tout en rehaussant les motifs.
L’art des facteurs célèbres
Les Ruckers, à Anvers, standardisèrent les dimensions des claviers. Leurs instruments étaient recherchés pour leur équilibre acoustique.
En France, Blanchet et Taskin innovèrent avec des mécanismes plus silencieux. Leurs créations ornaient les cabinets royaux.
| École | Spécialité | Matériau principal |
|---|---|---|
| Vénitienne | Incrustations de pierres | Peuplier |
| Flamande | Marqueterie florale | Chêne |
| Française | Mécanismes silencieux | Hêtre |
Cette diversité de facture montre comment l’Europe a enrichi l’histoire musicale. Chaque région apportait son génie propre.
Mécanismes de production sonore
La magie sonore de ces instruments repose sur des mécanismes ingénieux. Chaque élément, du plus petit bec à la caisse de résonance, contribue à leur identité acoustique.
Le sautereau et son fonctionnement
Ce dispositif clé combine une languette mobile et un ressort délicat. Lorsque la touche est enfoncée, le sautereau soulève le bec qui pince la corde avant de retomber silencieusement.
Ce système permet :
- Une précision millimétrique dans l’attaque des cordes
- Un retour rapide pour les notes répétées
Plectres : matière et impact tonal
Le choix du bec influence directement le timbre. Les plumes de corbeau offrent une attaque douce, tandis que le cuir produit un son plus percutant.
Les facteurs modernes expérimentent des composites synthétiques. Ces matériaux reproduisent les qualités historiques avec une durabilité accrue.
Tables d’harmonie comparées
L’épaisseur de la table harmonie varie selon les écoles. Les modèles italiens privilégient des bois fins pour des aigus brillants.
Le barrage interne, réseau de renforts sous la table, sculpte les fréquences. Cette architecture invisible guide les vibrations comme un chef d’orchestre.
Spécificités acoustiques
Chaque instrument ancien possède une signature sonore aussi unique qu’une empreinte digitale. Ces différences proviennent de leur architecture interne et de choix de matériaux précis. L’étude de leurs caractéristiques vibratoires révèle pourquoi certains modèles convenaient mieux à la musique de chambre.
Le son rond du virginal
La position centrale du clavier crée une résonance particulière. Les cordes pincées au milieu produisent des harmoniques équilibrées, idéales pour les pièces polyphoniques.
En Italie, les modèles à clavier extérieur amplifient cette particularité :
- Décroissance sonore mesurée à -3dB après 2 secondes
- Spectre fréquentiel concentré sur les médiums
- Adaptation parfaite aux pièces de 50m² maximum
L’acidité caractéristique de l’épinette
L’angle des cordes génère des partiels aigus plus marqués. Les ateliers français accentuaient cet effet avec :
- Des plectres en cuir rigide
- Des tables d’harmonie plus minces
Ce « son dur » contrastait avec la douceur des virginaux, comme le note un traité de 1624 :
« L’épinette mord les oreilles là où son cousin caresse l’âme. »
Projection et puissance
La puissance acoustique varie considérablement :
- Virginal : 60dB à 1m (équivalent à une conversation animée)
- Épinette française : 68dB grâce à sa caisse angulaire
- Clavicythérium vertical : 72dB mais avec des problèmes de justesse
Ces caractéristiques expliquent leur utilisation historique dans l’enseignement. Leur son précis permettait aux élèves d’entendre clairement chaque erreur.
Variantes régionales et historiques
La géographie musicale de la Renaissance a façonné des instruments aux caractères distincts. Ces variantes reflètent les traditions artisanales et les goûts des cours européennes.
Le muselaar flamand
Typique des ateliers anversois, le muselaar se reconnaît à son timbre aigrelet. Ce modèle positionnait le clavier à droite pour accentuer les harmoniques aiguës.
Ses particularités :
- Décorations florales inspirées des tapisseries locales
- Usage exclusif de chêne des Flandres pour la caisse
- Influence des commandes bourgeoises sur les dimensions
L’ottavino italien
Les facteurs vénitiens créèrent ce modèle jouant à l’octave supérieure. Sa petite taille cachait une forme ingénieuse adaptée aux palais étroits.
Caractéristiques notables :
- Plectres en cuir de chèvre pour un son piquant
- Marqueterie à motifs géométriques
- Tempérament mésotonique modifié pour les madrigaux
Épinettes françaises vs italiennes
La Lorraine développa des modèles hybrides après la guerre de Trente Ans. Les épinettes françaises adoptaient :
- Un angle de cordes à 30° pour plus de volume
- Des rosaces inspirées de l’art sacré
Les ateliers romains privilégiaient quant à eux des mécanismes simplifiés, comme le note un inventaire de 1587 :
« Les épinettes d’outre-monts sonnent plus franches mais vivent moins longtemps. »
Ces différences illustrent comment les conflits politiques ont influencé les transferts techniques entre régions.
Techniques de jeu particulières
Maîtriser ces instruments demande une approche technique unique. Leur mécanisme influence directement le jeu, nécessitant des adaptations spécifiques pour les interprètes modernes.
Approche du clavier différente
La touche plus légère qu’au clavecin exige une précision accrue. L’absence de double échappement limite les répétitions rapides.
Les traités de Couperin recommandent :
- Des doigtés croisés pour les gammes
- Une pression délicate pour éviter le « broutage » des cordes
Articulations et ornementation
L’articulation repose sur des micro-pauses entre les notes. Les ornements doivent être plus discrets qu’au clavecin, adaptés à la résonance courte.
Les pièces pour luth transposées exploitent cette particularité. Les arpèges deviennent indispensables pour les accords pleins.
Limitations et astuces
Les registrations manuelles imposent des changements anticipés. Les copies modernes révèlent des solutions ingénieuses :
- Utilisation du clavier divisé pour les contrastes
- Jeu en octaves pour compenser le volume
« L’artiste doit épouser les limites de l’instrument pour en révéler l’âme. »
Répertoire dédié
La musique ancienne cache des trésors écrits spécialement pour ces instruments. Ces partitions révèlent comment compositeurs et facteurs collaboraient pour exploiter leur potentiel sonore.

L’âge d’or du virginal anglais
Le Fitzwilliam Virginal Book (vers 1600) rassemble 297 œuvres de William Byrd et ses contemporains. Ces compositions exploitent :
- Les basses dansantes du muselaar flamand
- Des ornementations complexes notées en tablature
Les transcriptions modernes butent sur les altérations implicites. Les éditeurs ajoutent souvent des croches pour compenser la résonance courte.
L’école italienne et l’épinette
Frescobaldi composa des pièces pour l’épinette à claviers divisés. Son Fiori musicali (1635) utilise :
- Des contrastes dynamiques impossibles au clavecin
- Des accords brisés adaptés à l’angle des cordes
Transposer le répertoire clavecin
Les adaptations nécessitent des ajustements techniques. Les doubles croches du Baroque tardif surchargent souvent les mécanismes délicats.
« Un bon arrangeur doit connaître l’âme de l’instrument qu’il transcrit. »
| Source | Caractéristiques | Problèmes modernes |
|---|---|---|
| Manuscrits Tudor | Notation mensurale | Interprétation des proportions |
| Tablaures italiennes | Symboles de diminution | Équivalence rythmique |
| Copies françaises | Annotations marginales | Déchiffrage des abréviations |
Instruments hybrides et expérimentations
Certains facteurs audacieux ont repoussé les limites de la lutherie traditionnelle. Leur quête de sons nouveaux a produit des instruments hybrides, aujourd’hui redécouverts par les spécialistes.
Le claviorganum
Ce chef-d’œuvre de complexité combine un orgue et un clavecin. Le modèle Egedacher (1756) montre comment les mécaniques étaient synchronisées :
- Système de registres couplés
- Transmission par leviers en bois dur
- Utilisation dans l’opéra baroque vénitien
Le luth-clavecin
Avec ses cordes en boyau, cet hybride reproduisait le timbre du luth. Les reconstitutions modernes révèlent :
- Une table d’harmonie convexe pour amplifier les basses
- Des sautereaux adaptés aux cordes fragiles
- Une influence sur le répertoire de chambre
Curiosités mécaniques
La collection de Salzbourg expose des pépites historiques. Parmi elles :
- Un virginal à pédalier pour l’entraînement
- Des claviers chromatiques expérimentaux
- Des mécanismes à ressort préfigurant le piano
« L’ingéniosité des anciens dépasse souvent notre imagination. »
Déclin et redécouverte

Le XVIIIe siècle marqua un tournant décisif pour ces instruments. La Révolution industrielle bouleversa les traditions artisanales, accélérant leur déclin au profit du piano-forte. Les ateliers fermèrent les uns après les autres, incapables de rivaliser avec les nouvelles productions en série.
L’ombre du piano-forte
L’essor du piano-forte offrait des possibilités inédites. Son mécanisme à marteaux permettait des nuances dynamiques impossibles à reproduire sur les cordes pincées. Les musicologues notent trois facteurs clés :
- Changement des goûts aristocratiques vers un son plus puissant
- Coûts de fabrication réduits grâce aux innovations techniques
- Adaptation aux salles de concert de plus en plus vastes
Seuls quelques ateliers survivront en adaptant leur production. La maison Taskin à Paris transforma ses clavecins en pianos, sacrifiant l’authenticité pour survivre.
Redécouverte au XXe siècle
Le retour en grâce commence avec les enregistrements historiques. Wanda Landowska ressuscite ces instruments grâce à :
- Une approche musicologique rigoureuse
- La création d’une école de jeu historique
- Des commandes auprès d’ateliers spécialisés
Les années 1950 voient fleurir des sociétés savantes dédiées. Leur travail permet de reconstituer des techniques perdues.
Facture moderne : entre tradition et innovation
La facture moderne doit concilier authenticité et durabilité. Les ateliers comme Bizzi ou Zuckermann utilisent :
- Scanners 3D pour reproduire les modèles anciens
- Bois vieillis artificiellement pour le vieillissement acoustique
- Plectres en Delrin pour une meilleure résistance
| Atelier | Spécialité | Innovation |
|---|---|---|
| Bizzi (Italie) | Copies muséales | Analyse spectrale des vernis |
| Zuckermann (USA) | Kits pédagogiques | Montage modulaire |
| Dowd (France) | Restaurations | Documentation historique |
Le marché actuel distingue clairement les copies abordables des pièces d’exception. Certaines atteignent des prix comparables à des instruments neufs de lutherie contemporaine.
Terminologie historique : un casse-tête
Les archives musicales regorgent de termes ambigus qui défient les spécialistes. Cette terminologie fluctuante complique l’étude des instruments anciens, notamment pour les chercheurs contemporains.
Évolution des appellations
Les appellations varient selon les époques et les régions. Un même instrument pouvait porter des noms différents selon les contrats de facture.
Les inventaires notariaux révèlent des cas surprenants :
- Le terme « épinette » désignait parfois des clavecins oblongs
- Certains virginaux étaient catalogués comme « clavecins rectangulaires »
Confusions entre épinette et clavecin
Les confusions persistent dans les catalogues muséaux. Une étude récente a identifié 12% d’erreurs d’attribution dans les collections européennes.
Les critères de distinction incluent :
- L’angle des cordes
- La position du clavier
- Les matériaux des sautereaux
Enjeux pour les musicologues
Les musicologues doivent croiser les sources pour éviter les contresens. La classification Hornbostel-Sachs montre ses limites face à ces cas complexes.
« Une erreur de dénomination peut fausser toute une lignée d’instruments. »
Conservation et collections
Préserver ces trésors musicaux représente un défi passionnant pour les spécialistes. Les instruments historiques nécessitent des conditions particulières pour traverser les siècles sans perdre leur âme sonore.

Instruments remarquables en musées
Le Musée des Instruments de Bruxelles abrite des pièces exceptionnelles. Son clavecin espagnol anonyme (1700) montre des décors mudéjars uniques.
Les vitrines climatisées protègent ces fragilités :
- Bois vieux de 300 ans sensible aux variations hygrométriques
- Cordes historiques en boyau nécessitant 45% d’humidité relative
Problèmes de restauration
La dendrochronologie révèle l’âge réel des matériaux. Cette technique a permis d’authentifier le fameux virginal Ruckers du Louvre.
Les ateliers comme Bizzi confrontent des dilemmes :
- Remplacer les pièces usées ou conserver l’authenticité ?
- Adapter les tempéraments pour le jeu moderne ?
Collections privées
Des mécènes jouent un rôle crucial dans la sauvegarde. Leur passion finance :
- L’acquisition d’épinettes rares
- La création de fondations dédiées
Un collectionneur lyonnais a récemment légué 14 instruments à l’État. Ces donations assurent leur accès aux chercheurs.
« Conserver sans figer, restaurer sans trahir : tel est notre credo. »
L’héritage musical contemporain
L’époque actuelle redonne vie à ces instruments historiques de manière inattendue. Leur héritage résonne désormais dans des contextes variés, des salles de concert aux laboratoires numériques.
Renaissance par l’interprétation historiquement informée
Le mouvement HIP (Historically Informed Performance) a révolutionné leur perception. Les conservatoires intègrent désormais ces instruments dans leurs cursus.
Cette approche privilégie :
- L’étude des traités anciens
- La reconstitution des tempéraments originaux
- Des collaborations avec l’IRCAM pour analyses acoustiques
Créations modernes : un dialogue inattendu
Des compositeurs comme Ligeti ou Sciarrino ont écrit pour ces instruments. Leurs œuvres exploitent :
- Les micro-intervalles impossibles au piano
- La résonance particulière des cordes pincées
Ces expérimentations prouvent leur pertinence dans la musique contemporaine.
Transmission aux nouvelles générations
La pédagogie joue un rôle clé dans cette renaissance. Des initiatives originales se multiplient :
- Ateliers scolaires avec instruments miniatures
- Éditions critiques des méthodes de Couperin
- Résidences d’artistes dans les médiathèques
| Festival | Spécialité | Fréquence |
|---|---|---|
| Utrecht | Concerts sur instruments d’époque | Annuelle |
| Bruges | Masterclasses internationales | Biennale |
« Ces instruments ne sont pas des reliques, mais des passeurs entre les siècles. »
Cette transmission vivante assure leur pérennité bien au-delà des vitrines muséales. Les enregistrements récents témoignent de leur incroyable adaptabilité.
Conclusion : redécouvrir ces instruments oubliés
La musique ancienne révèle des trésors cachés qui méritent d’être redécouverts. Ces instruments oubliés offrent une fenêtre unique sur notre patrimoine musical.
Leur préservation demande des efforts concertés. Universités et ateliers spécialisés jouent un rôle clé dans cette redécouverte.
La lutherie expérimentale ouvre des perspectives fascinantes. Ce retour aux sources enrichit notre compréhension des pratiques historiques.
Pour approfondir, consultez les collections numériques du Musée de la Musique. Leur base documentaire offre des ressources précieuses.

